4 : La Posture du Praticien



Une conduite des conversations
qui donne aux gens
le statut d’auteur principal












Michael White nous enseignait que l’intention du praticien narratif envers les personnes en consultation se met en acte dans une posture "dé-centrée et influente".
Il distribuait le tableau ci-dessous dans chacun de ses ateliers :

La posture dé-centrée et influente

potentiellement vivifiante pour le praticien

La posture centrée et influente
potentiellement accablante pour le praticien

La posture dé-centrée et non-influente
potentiellement invalidante pour le praticien

La posture centrée et non-influente
potentiellement épuisante pour le praticien


« Dé-centrée » signifie que ce sont les narrateurs qui sont au centre de la conversation, le praticien, lui, se trouvant alors décentré. Cela ne signifie nullement qu’il soit désengagé, au contraire son engagement émotionnel est intense. Cela décrit sa capacité à donner la priorité aux histoires personnelles, aux savoirs et aux compétences des narrateurs. En ce qui concerne leurs histoires, seules les personnes en consultation ont le statut d’auteur principal. Et les savoirs, compétences, apprentissages générés dans leurs récits sont la seule chose qui compte.

« Influente » ne signifie pas que le praticien exercerait un pouvoir de sens, qu’il imposerait un ordre du jour, ou qu’il élaborerait une intervention stratégique pour conduire la personne en consultation à la destination qu’il aurait évaluée comme la bonne. Le praticien n’interprète pas. Cette influence au contraire rend compte de la mission du praticien qui est de construire, au moyen de questions, de conjectures et de réflexions un échafaudage qui permettra au narrateur de décrire plus richement d’autres histoires de vie, d’entrer dans des territoires laissés à l’écart ou dans des étages inconnus de sa maison afin de les explorer et de se familiariser avec ses compétences de vie qui se sont avérées appropriées pour répondre à ses difficultés.

Le narrateur qui sort de sa consultation avec un praticien narratif peut ainsi sentir, comme le dit un client au sortir d’une consultation avec Michael White, qu’ « Il n’y a aucune garde à baisser, il n’y a pas de recoins cachés ou de livres de comptes… Pas de travail de deuxième ordre, aucune attente de voir partir la famille avant de lui avoir exprimé vos propres sentiments ». (7)

(Suite...)

NOTE
(7) Cahiers de thérapie familiale.


Dernière mise à jour de la page le 19/08/2016  | Haut de page | 852593 pages vues